STAGE JUDO

"Le Judo est une culture qui se transmet de génération en génération, grâce au principe de l’entraide mutuelle."

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Tai sabaki de K.MIFUNE
L'art du judo de K.MIFUNE
Dô de Y.CADOT
Seiryoku zen yo Y.CADOT
Jita Yûwa Kyôei de P. ROUX
Attitude de P. ROUX
Esprit(s) du judo
Jû Yoku Gô Wo Sei Su
Lettres de Mr LEVANNIER
Jita Yûwa Kyôei
de Patrick Roux (7ème dan)


LA PEDAGOGIE DE L’ENTRAIDE

La célèbre maxime calligraphiée de J. KANO : JITA YUWA KYOEI nous indique que c’est par une recherche intérieure, une discipline
mentale qui demande une transformation de notre comportement,
une prise de conscience que nous pouvons nous réconcilier
et participer à la félicité et à la prospérité mutuelle.
Cette prise de conscience, ce regain de
lucidité sont rendus possible
grâce aux autres.

Et en terme de réconciliation,
les séances de judo proposent une méthode
efficace. A peine le seuil du dojo franchi, le salut du début ayant
ouvert le cours, nous sommes invités à pratiquer, à faire
des exercicesphysiques, sans deviser, ni critiquer.

Certains exercices sont agréables, d’autres le sont moins, le judoka,
lui, est invité à cultiver les pensées positives, à prendre le positif
de chaque situation et, par son engagement, il va enrichir
ces quelquesheures partagées par
sa participation sincère
à la séance.

Pourtant les cours et les séances ne sont pas équivalents ; nous ne
sommes pas non plus constants dans nos comportements ;
mais nouscultivons en tant que judokas cette discipline
mentale qui consiste « à positiver », le temps que
dure cet intervalle du cours ou de l’entraînement.

Ce training mental, proche de l’autosuggestion, fait complètement partie
de la formation du judoka. Il nous apprend une autre modalité de
fonctionnement, plus spontanée, où l’observation et l’action
sont premières, la sensation jouant un rôle de guide
essentiel. Cette approche permet de lever bon
nombre d’inhibitions liées à notre éducation
 et à notre vie sédentaire.
 
 Elle est renforcée par l’environnement symbolique du dojo. Le salut
de début et de fin de séance ; le salut du partenaire au début et
à la fin de chaque exercice; ils participent à une ambiance
de confiance mutuelle et de respect. Ce sont ces gardes
fous de la pratique qui indiquent clairement qu’au-delà
de la technique, c’est la compréhension des concepts
et l’étude desprincipes qui feront que le judo sera
peut être plus qu’un sport.

Beaucoup d’observateurs extérieurs à la pratique ne conçoivent pas
aisément que le combat puisse mener à autre chose que
l’affrontement etla confrontation agressive, violente.
 
Et en effet il n’est pas facile d’expliquer que la relation entre deux
adversaires que tout semble opposer, va en réalité les rendre
complémentaires et interdépendants.

Et pourtant, dès les premières leçons nous en faisons l’expérience.
Pour apprendre les premières techniques nous devons aider notre partenaire en assumant nos craintes de mal tomber. Ce minimum
de confiance généreusement offert va nous permettre de le projeter
à notre tour. Un peu plus tard, c’est cette relation trop tendue, trop
raide qu’il va falloir apprivoiser, dégauchir en acceptant de se
critiquer positivement et mutuellement. Quelle curieuse
expérience mainte fois observée par leprofesseur,
lorsque deux élèves s’invectivent en arguant
que l’autre –bien entendu – ne sait pas se
comporter comme un bon partenaire.
Ces expériences en miroir
de soi même, quel que
soit l’âge, sont
véritablement implacables.

 
Un peu plus tard c’est dans la pratique du randori que nous serons à
nouveau confrontés à l’expérience, à la prise de conscience. La
diversité des partenaires nous procurera l’occasion de nous
ajuster, de parfois se mettre à la portée des autres ou d’être
mis en demeure de nous dépasser. L’opportunité de
saisir le sens du randori nous sera ainsi offerte,
confirmant ce qu’aiment parfois
à dire les judokas :
pour faire un bon randori, il faut être deux…

Mais le bénéfice mutuel et immédiat que nous retirons tous d’une bonne
séance de judo, c’est le plaisir et l’enthousiasme, cette énergie
positive dont nous nous sommes rechargés.

Finalement la séance de judo n’aura été qu’un sas, qu’un intervalle mais
dont nous ressortons meilleurs, plus généreux, plus positifs dans nos
pensées et nos intentions.

Sommes nous capables ensuite de prolonger cet état et d’en faire
bénéficier notre entourage social plus longtemps ?
C’était peut être le pari que nous proposait
Jigoro KANO en son temps.

Lors des MONDO dans le cadre du projet judo, les ceintures noires, les
professeurs, les dirigeants échangent leurs expériences et décrivent
les engagements que les clubs assument déjà dans la vie de la
cité : accueil des jeunes, transmission des valeurs et des
bases de notre discipline,mais aussi participation
avec d’autres associations à de nombreuses
actions humanitaires, sociales, caritatives…

Aujourd’hui le judo comme la plupart des sports est bien présent et
participe aux grandes thématiques qui sont autant de challenges
que nous devons relever : insertion, politique de la ville,
santé, éducation, famille, renforcement
des liens sociaux, etc.

L’engagement des clubs et la participation de nos judokas est en
concordance avec nos valeurs et illustrent par des actions
concrètes leprincipe d’entraide et de prospérité mutuelle.

Jita Yûwa Kyôei a été publié en 2004 dans la revue Judo magazine n°214.

 

Publié sur stage judo le 7 janvier 2008